Répertorier les professionnels de santé : un long chemin reste à parcourir

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Professionnels et acteurs de santé du territoire, nous vous invitons à jeter un œil attentif à cet article, qui contient deux informations essentielles (et récentes) concernant l’accès aux soins et le numérique en santé.

La première : l’ARS Occitanie a fait évoluer son système de communication institutionnelle vers SI-CONTACTS, une solution d’annuaire national. Cette nouvelle solution élargit la visibilité des contacts à toutes les ARS, leur permettant ainsi de communiquer avec des contacts communs. En clair, les données des contacts ne sont donc plus cloisonnées par région… Et ça change beaucoup de choses !
En savoir plus : https://www.ars.sante.fr/donnees-personnelles

La seconde : l’année 2026 marque un tournant pour le Répertoire de l’Offre et des Ressources en santé (ROR). En effet, après plusieurs années d’utilisation d’un outil régional, le ROR évolue vers un référentiel national unique, visant à proposer un langage commun et des données fiables, lisibles et partagées par tous les acteurs de santé.
Un projet ambitieux que salue, en région, l’URPS Infirmiers Libéraux Occitanie

Mais qui est « confronté à la réalité du terrain », comme le fait judicieusement remarquer Yvan Tourjansky, président de l’AIUF, dans une tribune relayée à l’échelle nationale par de nombreux médias et acteurs de santé.

Extrait :
« Tout le monde dans la même base. Sur le papier, c’est exactement ce que nous appelons de nos vœux depuis des années. Alors, pourquoi cette annonce ne nous réjouit-elle qu’à moitié ? Parce que nous savons ce que signifie “en théorie” dans le champ du numérique en santé.

Le dernier kilomètre reste en jachère. L’Agence du Numérique en Santé se félicite, par voie de presse, que depuis octobre 2024, les professionnels de santé libéraux peuvent compléter leur offre de façon plus détaillée dans le ROR. Peuvent. Le mot est juste. Et révélateur. Car entre le possible et le réel, il y a un gouffre que ni les annonces institutionnelles ni les calendriers de déploiement ne comblent seuls.

Ce que je dénonce, c’est le problème du “dernier kilomètre” : on bâtit un référentiel national, on empile les strates techniques, on aligne les acronymes – ROR, RPPS, e-CPS, Ségur – mais l’orientation effective du patient, elle, n’est pas assurée.

Pourquoi ? Parce qu’un référentiel n’est national, au sens propre, que si chaque professionnel concerné y figure réellement. Or, l’addition d’initiatives locales, aussi louables soient-elles, ne fait pas un système. Une mosaïque de démarches volontaires ne remplace pas une politique d’intégration structurée, outillée et financée.

Combien de cabinets libéraux sont aujourd’hui absents du ROR ? Combien de patients sont orientés vers des professionnels indisponibles, ou ignorent l’existence de soignants qualifiés à deux rues de chez eux ? Ces questions méritent des réponses chiffrées, pas des promesses de trajectoire.

Nous avons prouvé que la mobilisation est possible, y compris dans un contexte de tension forte sur les professionnels et les organisations. Mais la responsabilité ne peut pas reposer uniquement sur les soignants eux-mêmes. »

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